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vendredi, février 15, 2008

Shenzhen

Et voila le petit troisième de Guy Delisle qui se situe cette fois en Chine; envoyé là-bas pour superviser un studio de dessin animé, il découvre l'ennui, la non-communication

La fin des temps


Alors bon, autant j'avais aimé les deux précédents romans "Les amants du Spoutnik" et "Kafka sur le rivage" et j'avais totalement adhéré à cet univers étrange, insaisissable et poétique. Autant là je dois dire que je me suis forcée à le finir parce que c'est Murakami que je trouvais que c'était sacrilège de lâcher le bouquin d'un si bon auteur en route. Mais je dois dire que cette histoire a été le déclencheur de nombreuses siestes et que j'ai dû m'accrocher...

En gros, car je n'ai pas tout très bien compris, il s'agit de deux histoires distinctes qui finissent par se recouper. Le narrateur de la première est un informaticien de talent qui est appelé par un vieux savant pour une mission très spéciale qui l'entraîne dans un monde peuplé de bêtes étranges et dangereuses. Il doit coder des informations concernant ses recherches. Mais bientôt des pirateurs le traquent et il comprend qu'il est au coeur d'un piège qui se referme sur lui peu à peu. L'autre histoire se situe dans un pays de la fin du monde peuplé de licornes et d'habitants qui ont perdu leur coeur; il est impossible de s'en échapper mais le narrateur, aidé de son ombre, va tenter d'en dépasser les limites...

Ah ah pas facile déja de comprendre le lien entre les deux histoires, hein? d'ailleurs je cherche encore la clef du roman... Bon courage si vous entreprenez cette lecture mais ne dites pas que je ne vous aurais pas prévenus...

jeudi, janvier 24, 2008

Pyongyang


Cette fois ci Guy Delisle nous emmène en Corée du Nord à Pyongyang (à vos souhaits) où il a séjourné deux mois pour un travail d'animation. Là encore, il est confronté à un pays qui prône la pensée unique et où les représentations du président sont omniprésentes : peintures, badges, statues... Le décor est planté dès le jour de son arrivée où son interprète lui fait faire un crochet par la grande statue du président devant laquelle notre occidental médusé doit se prosterner avant de déposer une gerbe de fleurs. Ses journées se ressemblent, il fait des aller-retour entre son hôtel, immense building vide, et son bureau. Toujours accompagné d'un interprète ou d'un guide, il n'a pas le droit de se déplacer seul mais grapille malgré tout quelques moments de solitude en échappant à leur surveillance. Pour occuper ses we, il n'y a ni bars, ni cinémas et les seuls distractions sont Le Palais des Amitiés (musée présentant des cadeaux offerts par 174 pays, pour faire croire que le monde entier reconnaît la grandeur du dirigeant), entraînement au tir avec de vieux pistolets russes, la visite de la gare hors de la surveillance du guide qui refuse de l'accompagner, le palais des enfants (une école qui rassemble l'élite des meilleurs écoliers du pays en leur faisant un bon lavage de cerveau dès leur plus jeune âge pour qu'ils croient à la grandeur de leur régime)...

Tout est froid, impersonnel, même les restaurants de l'hôtel n'ont pas de nom mais des numéros pour les distinguer, les coréens qu'il rencontre ne peuvent pas parler librement, le seul moment où ils se lâchent quand ils ont un coup dans le nez, ils entonnent l'air de l'Internationale...


Encore une fois une BD vraiment sympa et intéressante grâce au regard lucide et ironique de Guy Delisle qui a l'art de faire rire d'un rien.

jeudi, janvier 17, 2008

Témoignages de parents qui ont survécu

Un petit post littéraire sur la thématique de l’arrivée d’un enfant au sein du couple.



Tout d’abord « Naissances »un recueil de récits écrits par huit romancières connues, de Marie Darrieussecq à Marie Desplechin en passant par Catherine Cusset cf Amours transversales dans la rubrique Mes bouquins.
Chacune d’entre elles nous raconte à sa façon son ressenti de la naissance de son enfant ; l’appréhension avant l’accouchement, le rôle de l’homme dans cette attente, la douleur aussitôt effacée par la rencontre avec le bébé, tantôt décrit comme une « petite grenouille bleue », tantôt décrit comme un « type formidable ». Des moments précieux décrits par de grandes auteures qui sont toutes passées par là…




« Corps de rêve » est une BD de Capucine qui aborde la grossesse dans son ensemble ; le test de grossesse, les analyses, la sécu, les soutiens gorges qui rétrécissent (ou les seins qui grossissent peut-être ?), les apéros jus de fruits, l’assimilation de termes barbares tels que toxoplasmose et listériose, les échographies, les premiers coups de pieds, les angoisses puis l’accouchement et la naissance… le tout est croqué par des dessins noirs et blancs, et raconté du point de vue de la fille. Pour celles qui sont en plein dedans ou qui sont passées par là c’est assez rigolo de voir que toutes les femmes suivent à peu près le même cheminement de pensée et que toutes subissent certaines étapes obligatoires et parfois contraignantes de ces 9 mois.


Enfin, « Le guide du Moutard » de Jul est également une BD qui raconte les mésaventures d’un couple pendant la grossesse, sur fond d’élections présidentielles. Le point de vue est masculin et, peut-être de ce fait, l’humour un peu plus graveleux. Les dessins ne sont pas très beaux mais l’ensemble est assez amusant et c’est bon de dédramatiser un peu sur ce sujet.

mercredi, janvier 09, 2008

Chroniques birmanes

Une très bonne BD à dévorer... Guy Delisle, le dessinateur, raconte les 14 mois qu'il a passés en Birmanie pour suivre sa femme qui travaille pour Médecins sans frontières. Il découvre ce pays sous dictature, souvent en compagnie de Louis, leur fils dont il s'occupe pendant que sa compagne est en mission. Son trait de crayon est simple, son humour léger, et il décrit sans détour cet environnement nouveau, parfois hostile, parfois chaleureux. On découvre avec délectation les joies de l'internet dans un pays où les pannes de courant ne sont pas rares, la censure de l'information, son initiation à la méditation dans un temple, les petites fêtes entre expatriés, les campagnes reculées ravagées par le HIV, la pauvreté, la présence militaire...
A lire ou à offrir !

vendredi, décembre 21, 2007

Les chiens et les loups



Un roman d'amour, un peu à l'ancienne...Ada, une jeune juive, vit dans une sorte de ghetto à Kiev; son père, un commerçant besogneux, travaille pour subvenir à leurs besoins et prend soin de sa petite fille qu'il emmène partout avec lui. Jusqu'à l'arrivée de sa belle soeur, qui suite au décès de son mari, lui demande sa protection et vient s'installer avec ses enfants, Lilla et Ben. U jour, en sortant, de leur quartier, elle croise le jeune Harry Sienner, jeune juif très fortuné et parent éloigné de la petite Ada qui ne pourra plus oublier ce regard. Elle tombe amoureuse au premier regard du haut de ses 10 ans.

Quelques années plus tard, ils sont contraints de fuir à Paris où ils s'entassent dans un appartement miteux. Lorsqu'Ada apprend que Harry vit à quelques rues seulement de chez elle, elle se met à peindre des paysages de leur pays natal qu'elle fait exposer dans une librairie de quartier où Harry aime flâner. Il remarque ses toiles et lorsqu'il apprend qui en est l'auteur, il est rattrapé par son passé. Il tombe à son tour sous le charme de la jeune Ada qui est à la fois mystérieuse, sauvage, talentueuse et qui ne veut pas sortir de l'état miséreux dans lequel elle vit. Harry tourne le dos à sa femme et tombe passionnément amoureux de Ada même s'il sait que socialement, leur couple ne pourra jamais exister.

Mais un jour où la société de la famille Sienner dont Harry est l'héritier est menacée par un krach, Ada comprend qu'elle n'a pas d'autre choix que de fuir pour éviter à Harry de sombrer avec elle... En se sacrifiant, elle parvient à protéger leur amour pour qu'il demeure éternel et accepte de rendre Harry à sa femme...

Un beau roman mais très classique; ça se lit facilement, c'est une belle histoire mais ça s'oublie aussi assez rapidement...

jeudi, décembre 06, 2007

Ni d'Eve ni d'Adam

Voici le dernier roman d’Amélie Nothomb qui décidément pond aussi vite que Mary Higgins Clark, la qualité en plus, même si je n’ai pas aimé tous ses livres.

Celui-ci est très sympathique car elle y raconte son étrange histoire d’amour avec un japonais qui répond au doux nom de Rinri. Chronologiquement, le roman commence juste avant son expérience traumatisante racontée dans « Stupeur et Tremblements » et se termine juste après cette année de calvaire dans cette société nippone.
Rinri est doux, grand, dégingandé, romantique, japonais, il parle très mal le français et il adore regarder Amélie manger. Mais sa maladresse et leurs goûts communs font vite fondre la jeune française qui vit cette belle histoire au jour le jour, sans mettre de mot dessus. Leurs rôles sont inversés car le mot amour, l’engagement, le romantisme font peur à Amélie tandis que Rinri est fleur bleue, aime lui préparer la cuisine et lui parle mariage.
On suit donc pas à pas l’évolution de leur histoire, de la présentation aux parents et aux diaboliques grands-parents qui ricanent comme des hyènes en la montrant du doigt, en passant par les pérégrinations montagnardes d’Amélie où elle fait corps avec le Mont Fuji, on est témoins de son calvaire lors de sa présentation aux amis muets de Rinri qui la laissent mener une conférence sur la bière belge pendant trois heures de suite, on devine ses hésitations quand Rinri lui parle d’avenir et on comprend ses doutes quand elle décide de prendre la fuite.

Tout cela est raconté avec beaucoup d’humour, un ton souvent décalé, voire imagé comme une phrase que j’ai lue ce matin et qui m’a fait ricaner toute seule. Amélie raconte les retrouvailles avec sa sœur :
« Je bondis dans les bras de Juliette qui m’attendait. Après avoir henni, aboyé, rugi, blatéré, barri, hululé et glapi tout notre saoul, ma sœur me demanda :
- Tu ne vas plus repartir n’est-ce-pas ? »

Bon je ne sais pas si ça vous fait rire mais moi l’évocation de ces bruits d’animaux pour coucher sur papier sa joie, ça me plaît beaucoup…
Un bon petit roman qui se lit sans qu’on le sente passer.


mercredi, décembre 05, 2007

Les sirènes de Bagdad

Voila le dernier volume de la trilogie initiée par Yasmina Khadra, avec ses précédents titres « Les hirondelles de Kaboul » et « Attentat ». Encore une histoire bouleversante qui ne vous décevra pas.
Un jeune-homme tranquille et placide vit dans le petit village de Kafr Karam, aux confins du désert irakien. Le temps passe lentement, on débat sur la présence américaine, on travaille, on erre, on survit et on supporte sans broncher les bavures commises sur les gens de sa patrie.
Quand un soir des Gis enragés font irruption dans le village pour chercher des traces de complot et des planques pour des armes, les maisons sont mises sens dessus dessous. Et pour notre personnage, voir son vieux père à moitié nu renversé à terre devant les yeux de toute se famille, est plus qu’il ne peut supporter. C’est un outrage à la dignité des bédouins, il est arrivé à un point de non retour et décide de partir comme tant d’autres combattre le monde occidental qu’il considère désormais comme une armée du mal. Sans se retourner, il prend la route et rallie Bagdad où il intègre un réseau terroriste.

C’est un très beau roman dans lequel Yasmina Khadra dénonce la barbarie et le fanatisme, de quelque côté qu’ils soient. Il nous fait plonger dans la psychologie de ses personnages afin de nous faire comprendre le cheminement de leurs pensées et parvient à nous faire aimer le personnage central qui agit dans le but de laver par le sang l’affront fait à son père et par extension à son peuple.

lundi, novembre 12, 2007

La chambre des morts

Quelle coïncidence... L'autre jour, j'ai acheté ce polar de Franck Thilliez, auteur dont le nom ne me semblait pas inconnu... ce n'est qu'après mon achat que je me suis aperçue qu'il s'agissait de l'auteur de "La forêt des ombres", autre roman noir sur lequel vous pouvez retrouver mon post dans la rubrique mes bouquins.

Aujourd'hui, je tape le titre sur google à la recherche d'une photo de la couverture pour le blog; et quelle ne fut pas ma surprise en découvrant que roman vient d'être adapté au cinéma par Alfred Lot (vous le connaissez vous celui là?) avec Mélanie Laurent, Eric Caravaca, Gilles Lellouche et Laurence Cote (déja ces noms là vous sont plus familiers je pense). Le film sort donc le 14 novembre, c'est à dire mercredi.

L'histoire : Deux amis récemment licenciés roulent à fond dans un champs d'éoliennes, phares éteints, le moteur vrombissant, à la recherche d'adrénaline... jusqu'à ce que boum, ils percutent un corps. A côté du cadavre, une valise remplie de 2 millions d'euros, de quoi les mettre à l'abri pour un bon moment. Ils décident alors de dissimuler toute trace de collision et de couler le corps pour profiter de cette chance inespérée. Jusqu'à ce qu'ils se rendent compte que cette mort est liée à l'enlèvement d'une fillette aveugle dont le ravisseur réclamait 2 millions d'euros de rançon...

Bref, je viens de finir ce roman, et je ferai un peu la même critique que pour l'autre (je ferais mieux de relire ce que j'avais dit d'ailleurs avant de sortir un commentaire contradictoire de l'autre); l'intrigue est bien ficelée et on rentre tout de suite dans cette atmosphère sordide située dans la région du Pas-de-Calais, berceau des tueurs en série et pédophiles par excellence. Tout est bien documenté, et les démonstrations sur la taxidermie sont d'une grande précision, elle sont à la fois intéressantes et utiles à la progression de l'enquête. Malheureusement, comme je trouve dans de nombreux polars, les personnages ne sont pas assez fouillés, on ne fait qu'effleurer leur psychologie. Lucie, la jeune flic douée qui veut faire ses preuves a les honneurs de l'auteur qui rentre un peu plus dans son ciboulot sans toutefois nous éclairer beaucoup sur son passé qu'on devine pourtant trouble et qui expliquerait sa fascination pour le corps, et pour la mort.

Je n'en dis pas plus sinon je vais en dévoiler trop, mais non seulement les personnages ne sont pas assez fouillés, mais en plus il y a des ellipses dans la narration qui sont frustrantes, notamment sur le dénouement ou la description de l'assassin. Toute la narration est centrée sur la progression de l'enquête, les démonstrations scientifiques qui rendent les événements plausibles, mais elle fait l'impasse sur les personnages eux mêmes, qui ils sont d'où ils viennent, ce qu'ils pensent, leurs mobiles... ah si , l'assassin à la fin sort une phrase du type "je n'ai pas supporté que mon papa tue ma maman"... oui ben pour moi ça ne justifie qu'elle se mette à l'âge adulte à fabriquer des poupées en chair et vicères et qu'elle torture des humains, c'est un peu léger je trouve...

vendredi, novembre 09, 2007

Chagrin d'école

Daniel Pennac, bien connu pour sa prose joyeuse et vivante, vient d’être récompensé pour son dernier livre « Chagrin d’école », par le prix Renaudot dans la catégorie Roman.
J’en suis la première étonnée, non pas que je remette en cause le mérite de Pennac, mais son livre tient plus de l’essai que du roman. Enfin bref, ce n’est pas bien grave.
Mais je suis plutôt contente qu’un auteur pas toujours considéré comme « sérieux » soit récompensé par un jury dit « sérieux ».

Dans ce roman donc comme ils l’appellent, Pennac fait revivre pour nous le cancre qu’il était à l’école ; pas un cancre qui provoque les profs, non, juste un élève muré dans son complexe de comprendre moins vite et moins bien que les autres. Pennac, devenu depuis l’auteur que l’on connaît mais aussi un prof de français, revient donc sur cette période pour expliquer le point de vue de ces élèves qui peinent à suivre le rythme des programmes et que l’on délaisse pour s’intéresser aux plus rapides.
Il s’interroge sur le rôle de l’école, celui des professeurs, les techniques pour intéresser les élèves aux grands classiques, pour faire travailler leur mémoire, leur faire comprendre les mécanismes de la grammaire, leur donner le goût de la lecture et tirer vers le haut ceux en qui il se reconnaît.

Son écriture est toujours agréable et fluide, le sujet intéressant bien que tiré un peu en longueur sur la fin selon moi.

jeudi, octobre 04, 2007

Kafka sur le rivage


Voila un livre que j'ai beaucoup aimé mais qui est tellement riche et complexe que je ne me sens pas trop de vous le résumer ou de vous l'expliquer. D'ailleurs on ferme le livre avec le sentiment de ne pas tout avoir saisi... prise d'un coup de flemme, je fais donc un copier coller d'un résumé trouvé sur la toile.
Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. "Tu tueras ton père et tu coucheras avec ta mère". Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore. Avant de voir leur destin converger inexorablement et de découvrir leur propre vérité.
Euh voila... vous n'avez rien compris? c'est normal, lisez donc le livre si vous avez le courage, il y a 600 pages mais ça vaut le coup, c'est très onirique et poétique.

mercredi, septembre 26, 2007

De Marquette à Vera Cruz

Ca faisait un petit moment que j'entendais parler de Jim Harrison dont je n'avais jamais lu un livre. C'est chose faite.
L'histoire : David Burkett, quatrième du nom, fait partie d'une grande famille aisée et bien connue dans le Michigan. Sa mère est une alcoolique dépressive et son père un vieux vicelard obsédé par les jeunes filles, mais ils font toujours bonne figure dans les soirées mondaines... ce sont les Burkett tout de même. Adolescent, David tombe amoureux de Vera, la fille de l'homme de confiance de son père; mais elle n'a que 13 ans, aussi David résiste-t-il aux provocations de la jeune-fille qui est consciente que son charme opère. Mais un soir, le père de David, ivre, la viole.
A partir de là, Megan décide de prendre la tangente pour échapper à la domination de ce patriarche libidineux et dangereux. Quant à David, profondément perturbé par l'événement, il va s'embourber dans la quête de lui-même. Quand il finit le lycée, il décide de refuser la vie que lui offrent ses parents : une vie facile, faite d'argent, de pouvoir et de domination sur les autres. Il se plonge dans l' étude de la déforestation du Michigan opérée par sa famille quelques générations plus tôt, et souhaite ainsi dénoncer les abus des Burkett pour se racheter. Cette quête devient bientôt une obsession qui l'empêche de devenir lui-même, trop occupé à dénoncer sa famille. Et pourtant, comble de l'ironie, c'est en comptant sur l'argent de sa mère qu'il peut mener cette vie oisive ponctuée de parties de pêche et de recherches pour son livre.
C'est un peu lent à démarrer, et l'obsession de David pour les méfaits de sa famille devient une sorte de leitmotiv lancinant qui alourdit la lecture. Mais l'auteur pose bien son histoire et il est intéressant de suivre l'évolution du personnage principal dans ce roman d'inititiation. On y comprend que son rapport à l'argent, son rapport aux femmes, son rapport au travail et à la nature, tout est déterminé par son passé familial auquel il tente tant bien que mal d'échapper. Je n'ai pas adoré et j'avoue m'être parfois forcée à ne pas reposer mon livre, mais c'est malgré intéressant à lire et j'attends de découvrir d'autres romans de cet auteur.

lundi, septembre 17, 2007

Les amants du spoutnik


J'ai découvert Haruki Murakami avec ce beau roman qui nous place au milieu d'un triangle amoureux.
Sumire, une jeune-fille fantasque et déguenillée qui rêve d'écrire, passe ses journées à noircir des pages en rêvant d'embrasser une carrière d'écrivain. Elle se confie à son ami instituteur qui est secrètement amoureux d'elle. Bientôt Miu, une femme plus âgée et enveloppée d'une aura mystique, entre en scène.
L'écriture enlevée et déliée de l'auteur nous entraîne dans ce roman qui commence par raconter le quotidien somme toute assez banal des deux jeunes avant de prendre une dimension plus aérienne au fil des pages. Les personnages se muent, grandissent, dévoilent leurs fêlures jusqu'à ces dernières pages qui nous laissent la liberté d'imaginer le destin qu'on souhaite donner à Miu...

lundi, août 20, 2007

Bahia de tous les saints

Apparemment je suis passée à côté d'un chef d'oeuvre avec ce livre dans lequel je n'ai pas vraiment réussi à entrer. L'écriture est belle, la poésie présente, les sujets forts, mais je n'ai pas été happée par le destin de Antonio Balduino, un jeune noir, enfant orphelin d'une classe miséreuse, qui tente de forcer son destin pour trouver qui il est. Tour à tour, voleur, boxeur, travailleur dans une plantation de tabac ou dans les ports (heureusement que je viens de me relire j'avais écrit porcs... pas facile de travailler dans un porc, on doit y être à l'étroit), il rêve de conquérir la blanche Lindinalva, idéal de femme inaccessible qui finira par vendre son corps.
Imparfait mais tellement humain, violent mais le coeur sur la main, Antonio trouvera finalement sa voie dans la lutte contre les inégalités, thème apparemment récurrent dans l'oeuvre de Jorge Amaldo dont je viens de découvrir un des nombreux romans.
A glaner des informations sur le web, je me rends compte que cet auteur a beaucoup compté pour la littérature brésilienne, alors je me fais petite et je dis juste que je n'ai pas accroché mais que ça mérite tout de même d'être lu. Pas très affirmé comme opinion mais comme il a été comparé à Zola dans un article pour l'aspect social de ses sujets, je ne me risquerais pas à le critiquer...
Vous êtes seuls juges...

dimanche, août 19, 2007

Faire semblant c'est mentir



On change un peu des romans avec une BD pour adultes. Je ne connais par l'auteure, Dominique Gobbet que j'ai découverte avec cette BD.

Le dessin est un peu sombre et parfois à la limite de l'agressif, tant par ses couleurs que ses contours, les typos utilisées, les dessins superposés. Le premier chapitre déroute, dérange, j'ai failli l'arrêter au bout de quelques pages. Le rendu est proche du crayonné, les pages ne sortent quasiment pas du gris qui reflète bien l'état d'esprit des personnages.

Finalement on se laisse prendre par l'histoire du personnage principal, une jeune-femme dont on découvre les rapports qui la lient avec son père, son petit ami, et les rapports qu'elle a eus avec sa mère, sans doute dépassée par les événements. L'ensemble est un peu tristounet ma foi, je n'ai pas été vraiment séduite par ce style, mais je ne suis qu'une novice en matière de BD, alors peut-être que je passe à côté d'un chef d'oeuvre.


La forêt des ombres

Un polar qui se respecte vous plonge rapidement dans une ambiance un peu sombre et dérangeante et se lit d'une traite. C'est le cas avec ce titre de Franck Thilliez qui nous emmène dans le coeur de la forêt noire où un jeune auteur en recherche de reconnaissance semble avoir pactisé avec le diable. Il accepte d'écrire pour un vieillard handicapé contre de l'argent, à condition de faire revivre sur papier le bourreau 125, un célèbre tueur en série qui torturait ses victimes.
Bientôt la fiction et la réalité se rejoignent et la petite famille de David se retrouve prisonnière de ce chalet mystérieux perdu au milieu des pins, dans une forêt enneigée peuplée de lynx.
L'atmosphère est oppressante, l'écriture fluide et l'intrigue facile à suivre; cependant c'est un peu tiré par les cheveux et certains passages tiennent un peu de la démonstration de macabre. Apparemment c'est auteur a également signé "La Chambre des Morts" qui a été primé au quai du polar 2006, je tenterai de me le procurer pour voir ce que ça donne.

mercredi, août 01, 2007

Le vin de la jeunesse

En ce moment, comme je suis en manque de lecture, j'ai tendance à piocher dans ma bibliothèque et au bout de quelques pages, je me rends compte que l'univers que j'imagine au fil des pages, je l'ai déja construit dans ma tête. Mais comme je n'aime pas finir les livres car j'ai l'impression de ne pas respecter le travail de l'auteur, et bien je l'ai relu.
Ce sont des petites nouvelles dans lesquelles l'auteur évoque sa jeunesse, avec des thèmes récurrents : la relation de couple de ses parents, la pauvreté, les macaronis de sa maman, les écoles religieuses, les petits larcins qu'il commet avec ses copains, la religion... C'est ce qui fait office de fil conducteur au cours des années qui le mènent à l'âge adulte. Suivent ensuite quelques nouvelles qu'il a écrites a posteriori où il évoque le football, sa vocation d'écrivain, l'amour et les femmes.
C'est le seul livre que j'ai lu de cet auteur du début du siècle (non il n'a pas 7 ans, l'autre siècle, laissez moi le temps de m'y faire) et qui a débuté comme journaliste avant de publier son premier roman puis d'écrire des scénarios pour le cinéma.
C'est agréable à lire mais je n'ai pas été vraiment plongée dans ces épisodes de sa vie; ça a un côté un peu vieillot qui rend ces anecdotes charmantes mais qui nous distancie peut-être un peu.

mardi, juillet 24, 2007

Middlesex

Le we dernier, un aller retour Besançon Biarritz - soit environ 2000km - m'a permis de dévorer ce roman que j'avais volé dans les toilettes de ma soeurette.
Cet auteur ne vous dit rien, et pourtant on est un sacré paquet à avoir vu l'adaptation au cinéma d'un autre de ses romans, "Virgin Suicides".
Le protagoniste de "Middlesex" est Cal, un hermaphrodite qui nous raconte sa double naissance, la première en tant que fille et la seconde en tant qu'homme. Il explique son "étrangeté" en remontant dans sa généalogie pour le moins complexe où la consanguinité est forte.
Je serai brève et ne vous dévoilerai pas toute l'histoire, mais l'auteur nous embarque dans trois générations de Stephanides, une famille qui rêve de réussite professionnelle et d'ascension sociale. Des grands-parents qui ont fui Smyrne incendiée par les Turcs pour Détroit, des parents séduits par l'American way of life malgré leurs origines grecques, et une petite fille Callie qui grandit en se sentant différente de ses copines mais sans comprendre pourquoi, tous ces personnages hauts en couleur sont toujours dépeints avec une certaine douceur par l'auteur qui nous mène petit à petit vers les vif du sujet : la confusion des genres au sens propre.
C'est un sujet que l'on connaît peu et c'est intéressant de suivre les émois de l'adolescence d'une fillette qui a deux fois plus de raisons de se poser des questions sur ce qu'elle est.
Un très bon livre qui mêle tous les genres : épopée, satire sociale, confession, roman d'initiation avec une petite couche toujours présente de mythologie grecque...il a remporté le Prix Pullitzer en 2003 si je ne m'abuse.

dimanche, juillet 08, 2007

Un petit dernier pour la route

Et un petit dernier pour la route, un recueil de nouvelles spécialement conçu pour vous mesdames, qui êtes en quête d'une petite lecture sympa pour la plage.
Vous en aviez rêvé, ELLE l'a fait : un recueil qui regroupe les meilleures histoires vécues de ELLE, la fameuse double page qu'on s'empresse souvent de lire et qu'on emmène parfois avec soi dans le lieu d'aisance...
Et bien les voici réunies, et ça se dévore ! c'est du Jean-Luc Delarue en prose : je suis tombée amoureuse de mon prof d'histoire, j'ai retrouvé mon amour de jeunesse à 65 ans, mon mari aime les hommes, ma mère avait un amant... tous les cas de figures sont recensés dans ces petites nouvelles de quelques pages seulement. On en lit une, puis deux, puis trois et on n'en décolle pas.
Je viens de découvrir que ça coûtait 14 €, alors je ne vous conseille pas de l'acheter mais si vous tombez dessus dans une maison de vacances (c'était mon cas) n'hésitez pas à le mettre dans votre panier de plage.

Amours transversales

Un autre roman pour l'été, "Amours transversales" de Catherine Cusset à lire sur la plage un jour de chaleur torride...
L'auteure (oui toujours ce fameux e en fin de mot c'est vraiment vilain) nous fait partager les tranches de vie de plusieurs protagonistes. Le récit commence avec Myriam qui est délaissée par son fiancé Pierre; réconfortée par un bel italien qui l'initie aux plaisirs de la chair et aux joies du Tiramisu, elle rencontrera Xavier, l'amour de sa vie avec qui elle se marie et a deux enfants; ce dernier est pris du démon de midi lorsqu'il soigne Camille, une jeune patiente dont il tombe amoureux. Leur relation sera très courte mais le privera de sa raison. Myriam, devenue actrice, cède elle-même à la tentation lors d'un we en célibataire à Berlin où elle cède à trois hommes différents, dont Hans, un vieil égocentrique qui avait été son premier amant lorsqu'elle n'était encore qu'une jeune-fille. Le récit se termine sur Camille que l'on retrouve dans un rôle de bourgeoise qui a tout le confort matériel dont on peut rêver mais qui ronge son frein en attendant que son mari la regarde et la touche. et qui s'émoustille lorsqu'un jeune employé de l'hôtel lui fait de l'oeil.
Tous ces gens, sous leur apparente solidité et leur bonheur fragile, sont insatisfaits de leur sort et cèdent à la moindre tentation. Le lien qui les lie les uns aux autres n'a finalement que peu d'importance, et le fil conducteur du récit reste la recherche du plaisir, le problème de communication, la frustration de la vie que l'on s'est choisie... pas toujours des choses très positives en somme.
Ca se lit facilement et vite, à tel point que ce n'est qu'au deuxième chapitre que je me suis aperçue que je l'avais déja lu il y a quelques temps.
Ni pour ni contre.